La journée internationale des femmes vient d’être soulignée. Comme à chaque année, nous avons mesuré les avancées des dernières décennies au niveau des droits des femmes, ainsi que le chemin qu’il reste à franchir, notamment dans la profession d’avocate.

Cependant cette année, nos cœurs sont tristes. Les nombres de féminicides et la montée de la violence envers les femmes assombrissent encore aujourd’hui les efforts de tous vers la justice. Comment pouvons-nous promouvoir l’égalité si la sécurité et l’intégrité des femmes sont à ce point menacées ?

Les événements tragiques et les violences rapportés dernièrement dans les médias ne sont que la pointe de l’iceberg en termes de violence envers les femmes. Ces menaces à l’intégrité et la sécurité s’ajoutent aux viols, aux harcèlements sexuels et criminels.

Cette violence est intolérable dans notre société. Comme avocate, notre devoir à titre d’officier de justice est de dénoncer, puisqu’il y a violation des préceptes de droit et de justice. Comme femme, cette violence constitue une sorte de gangrène à nos vies personnelles et porte atteinte au développement de nos filles. Les avocates ont donc une double mission de dénonciation sur toutes les tribunes. La fonction de Bâtonnière m’accorde en plus, tel un porte-voix, un privilège d’exprimer des idées en lien avec la mission du Barreau de Québec. C’est avec ce triple chapeau que j’interpelle tous les membres aujourd’hui à ce sujet.

La violence conjugale est sournoise. Avant de se décliner publiquement dans les journaux, alors qu’il est trop tard, elle porte d’autre formes de contrôle : manipulation, distorsion, manque de respect, isolement, etc. Trop souvent et trop longtemps ignorée, elle est tolérée pour une variété de raisons, bonnes ou mauvaises : dépendance économique, peur du jugement, habitudes, pauvreté, amour, peur de l’inconnu, biais d’éducation, religion, etc. En septembre 2019, le colloque conjoint du Barreau de Québec et du Barreau de Versailles a d’ailleurs porté sur cette question, qui interpelle toutes les sociétés.

Sur les réseaux sociaux, nos enfants, mais particulièrement nos filles n’ont jamais autant été exposées à la violence verbale. Ensemble, avocates, femmes et mères, soutenues par nos confrères, hommes et pères, nous avons le devoir de nous en alarmer et de changer les choses. Existe-t-il un lien entre la banalisation de la violence verbale sur les réseaux sociaux et la montée des féminicides ?

Des réponses et surtout des solutions devront être apportées rapidement. A défaut, le tribunal populaire que sont les réseaux sociaux se chargera des sanctions, et une perte de confiance envers la justice en sera inévitablement la conséquence. Un sérieux examen de nos façons de faire actuelles devient, dès lors, nécessaire et les avocats peuvent participer à ce mouvement.

Le Barreau est un leader dans la promotion de l’égalité et de la diversité. Une meilleure intégration entre le système de justice et l’accompagnement social est peut-être une solution porteuse, mais la sensibilisation et la formation sont les clés de voute de ce fléau dont personne ne veut trop parler.

Solidaires, gardons espoir. J’espère pouvoir vous en parler le plus souvent possible.

Je vous encourage à consulter :

Me Caroline Gagnon

Gagnon Girard Beaulieu Matte avocats 

1535 chemin Ste-Foy, bur. 301

Québec G1S 2P1

Tel. 418-681-0037