Je suis bouleversée, comme vous tous.

Faire des représentations à titre de bâtonnière cette semaine me semblait irréel. J’avais l’impression de passer à côté de l’essentiel. Cette tragédie nous impose un sérieux questionnement.

Des commentaires discriminatoires et racistes à l’égard des autochtones, j’en ai entendu souvent pendant 20 ans. Au début j’exprimais mon désaccord par une vive argumentation et c’est les autochtones qui m’ont appris la patience. Aujourd’hui, je suis convaincue que c’est par la transmission d’informations et le partage de nos cultures qu’on apprend à se connaître. Je réitère aux familles des victimes, ainsi qu’à la communauté musulmane de Québec tout notre soutien à la suite de ces événements bouleversants.

Une pensée toute particulière pour l’une de nos membres qui a perdu son père dans ce tragique événement. Chère consœur, au nom des avocates et avocats de la section de Québec, nos plus grandes condoléances avec tout notre cœur et si votre Barreau peut vous aider, nous sommes là.

 

La nouvelle génération

Faciliter nos jeunes membres au démarrage d’une pratique à leur compte est un des priorités de l’année. Afin de mieux cibler les besoins de ces membres, nous avons tenu une rencontre afin de discuter des écueils que réserve le démarrage d’une entreprise conjugués à ceux de débuter la pratique du droit. La profession peut s’exercer de différentes façons. L’entrepreneuriat a toute sa place dans le marché de Québec. Pour ce faire, les jeunes avocates et avocats devraient avoir les outils dès les premiers instants pour poser les jalons d’une pratique passionnante et efficace.

L’objectif du Barreau de Québec, en collaboration avec le Jeune Barreau, est de créer, ou mettre de l’avant, des outils destinés à faciliter la pratique solo pour nos jeunes membres. La rencontre, je dois vous l’avouer, m’a fait revivre certains de mes premiers moments de pratique avec beaucoup d’émotions. Il y a quelques ans (le lendemain de mon assermentation), j’ouvrais mon propre bureau, avec une bonne dose de détermination, une multitude de questions et peu de réponses.

Cette rencontre avec des membres au profil et parcours fort différents a été franchement agréable et fort instructive. Rapidement, nous avons constaté que les difficultés vécues se déclinent très différemment suivant le type de démarrage : en solo, en société avec d’autres jeunes ou en société des avocats de tout âge et de pratiques diverses. Nous comprenons que les jeunes des deux premières catégories souffrent davantage d’isolement et de manque de ressources (mentors) alors que les jeunes qui débutent à leur compte dans des sociétés de la troisième catégorie bénéficient d’échanges avec des confrères et consœurs sur plusieurs questions diverses (gestion, droit, aide juridique, etc.). Nos membres bénéficiant de plus d’années d’expérience semblent d’une grande générosité dans l’aide et les conseils prodigués à leurs jeunes collègues.

Les principales problématiques rencontrées sont la difficulté d’identifier et de retrouver les coordonnées des principaux intervenants concernés dans un litige, les numéros de greffes, les responsables des rôles, toute l’information qui peut sembler de base, mais qui n’est pas facilement accessible ou nécessite beaucoup de travail. Plusieurs questionnements sont aussi en lien avec la tarification de l’aide juridique et le mécanisme d’obtention des mandats, et l’encadrement des frais d’expert. La gestion comptable de la facturation est aussi une activité qui prend beaucoup de temps.

Certaines idées ou certains besoins ont été identifiés. Nous les étudierons en Conseil sous peu. Nous pouvons retenir les grandes lignes suivantes :

  • Une ligne téléphonique dédiée ou un portail destiné à recueillir une foule d’informations générales de base ;
  • Une forme de mentorat orientée vers un accompagnement de gestion et d’administration ;
  • Une formation destinée aux nouveaux membres sur le fonctionnement de l’aide juridique ou sur l’ensemble de la gestion d’un bureau ;
  • Offrir une quantité limitée de Guide de la gestion de la pratique privée, de Madame Véronique Beaulieu, disponible chez Wilson & Lafleur (Les membres rencontrés et moi-même, avons lu ce guide et nous sommes tous d’accord, il est complet et utile) ;
  • Un forum de discussion en ligne destinée à mettre en contact les membres débutant la pratique en solo.

Les ressources du Barreau étant limitées, il est important de bien cibler le ou les besoins et d’y répondre efficacement. L’image de la justice évolue, la pratique du droit est en mutation et les modes de facturation en questionnement. Il s’agit pour la nouvelle génération d’une opportunité de façonner la profession comme elle l’entend. Il est de notre souhait au Barreau de Québec de faciliter leur arrivée dans la pratique, notamment à titre d’entrepreneurs et d’administrateurs des bureaux d’avocats de demain.