C’est avec fierté que j’acceptais, le 5 mai dernier, la fonction de bâtonnière du Barreau de Québec.

Je fais le souhait de demeurer dédiée aux membres, à vos idées et à vos demandes. J’espère avoir toute la disponibilité pour vous écouter activement et appuyer vos démarches pour lesquelles vous pourriez demander mon concours.

J’aspire à porter au fil de mes rencontres une image positive et accessible de l’avocat. Cet aspect me tient particulièrement à cœur et je crois que chacun peut collaborer à cet égard.

J’en suis à un stade de ma carrière où j’accepte la responsabilité de bâtonnière de Québec avec indépendance tout en étant dévouée à ma section.

Pour plusieurs qui me connaissent, vous savez que depuis les vingt dernières années, j’ai consacré une partie de ma pratique à défendre les Autochtones. J’ai le privilège d’avoir côtoyé plusieurs d’entre eux et cela m’a permis d’en connaître beaucoup sur leur culture et leur façon de voir parfois bien différente de la nôtre.

Ainsi, pendant mon mandat, j’espère sensibiliser mes consœurs et confrères, de même que la population aux enjeux de la société et enjeux juridiques qui touchent les Autochtones.

Aussi, j’entends mieux faire connaître les difficultés que peuvent représenter pour certains d’entre eux les parcours traditionnels, tels la Faculté de droit, l’École du Barreau et le stage professionnel. Je vise à leur faciliter l’accès aux précieux outils qui existent en matière d’accès à la justice et proposer des recommandations. Je souhaite échanger avec nos partenaires du milieu de la justice afin que parfois ils adoptent une façon de faire différente et s’il y a lieu, de prévoir des outils spécifiques. Bref, après ces années d’implication, j’entends sensibiliser le milieu juridique au milieu autochtone et en être une fidèle ambassadrice.

Je souhaite également promouvoir l’entrepreneuriat chez les jeunes. J’ai commencé la pratique du droit en fondant mon propre cabinet. J’ai vécu les soubresauts d’un démarrage d’entreprise et toutes ses « premières ». Je suis toujours satisfaite de ce choix et avec comme toile de fond le rapport La situation de l’emploi chez les jeunes avocats, j’entends discuter avec le président du Jeune Barreau d’une façon d’appuyer nos jeunes membres à cette façon de pratiquer. Je demeure convaincue d’une chose : il y a place à la créativité !

Une autre partie de notre année sera consacrée davantage au Barreau de Québec et à la place qui devrait être la sienne. La nouvelle gouvernance du Barreau du Québec a, par ricochet, entraîné une révision de la gouvernance de la section. Deuxième rebond : elle a aussi pour effet de forcer une réflexion stratégique. Quel est le rôle du barreau de section : auprès de ses membres, ses vis-à-vis provinciaux et le Conseil de l’Ordre ? Le Barreau de Québec a dépassé le seuil des 4 000 membres l’an dernier.

Il est sain et opportun de revoir notre mission et l’ensemble de nos activités, de repenser peut-être de nouvelles avenues pour notre barreau de section et d’organiser nos effectifs et nos ressources en conséquence. Ce n’est pas un exercice qui se fait seul, et nous devrons travailler en équipe.

J’aurai la chance de travailler avec un Conseil dont je suis fière, formé d’avocates et d’avocats provenant de tous les milieux. Je compte sur leur soutien pour mener les travaux de l’année. Cette belle équipe vous est présentée dans les pages de cette édition.

Je tiens à remercier les collègues qui quittent le Conseil et dont les qualités ont été soulignées à l’assemblée générale, soit Me Rénald Beaudry, Me Louis-Philippe Pelletier-Langevin et Me Mario Welsh. Vous aurez remarqué que nous n’avons plus de bâtonnière sortante au Conseil, malgré tout, nous ne l’oublions pas. Je succède à Me Catherine Claveau, qui a su bien diriger tous les travaux de la dernière année et a su nous représenter avec brio dans toutes les activités.

Je termine en vous disant merci de votre confiance et je vous souhaite un très bel été !

 

Johanne McNeil