À la fin des années 1990, alors que j’étais membre du Conseil du Jeune Barreau de Québec, la question de l’aide juridique avait mobilisé les membres du Barreau. Des manifestations avaient eu lieu pour que le tarif soit mis à jour. Près de 20 ans plus tard, la question  n’est toujours pas réglée !

Le dossier de l’aide juridique demeure donc  d’actualité et notre section, notamment de par nos associations, demeure très active  sur ce dossier.

Depuis plus de trente ans, le Québec a mis en place un système d’aide juridique afin que les moins nantis puisse être convenablement représentés devant les tribunaux. Ce choix de société n’a cependant pas été modernisé afin de s’harmoniser avec la réalité de la pratique judiciaire d’aujourd’hui .

Le juge en chef de la Cour suprême, l’Honorable Richard Wagner, lors de sa conférence de presse annuelle en juin déclarait :« l’aide juridique est essentielle pour que le système de justice soit équitable et efficace pour tous. »

Il a aussi affirmé : «  Nous devrions nous efforcer d’obtenir une justice adéquate pour tous, et non une justice parfaite pour un nombre exceptionnel de personnes. »

Au-delà d’une question de tarif, c’est toute la question de l’accessibilité à la justice qui se pose et il s’agit là d’un débat de société. Malheureusement, l’aide juridique ne répond plus aux besoins des personnes qui devraient en bénéficier. Malgré l’augmentation des seuils d’admissibilité dont l’objectif louable est d’améliorer l’accès à la justice, le but n’est pas atteint et un engorgement se produit dans certains domaines. Pour aider à solutionner le tout, il faut inciter un plus grand nombre d’avocats de la pratique privée  à accepter des mandats d’aide juridique. Cela ne sera possible que par une véritable réforme du tarif actuel.

Les membres du barreau dans leur mission de protéger le public doivent se faire entendre sur cette question. Ils doivent le faire ensemble, d’une voix commune avec une position concertée. C’est la seule avenue possible vers le succès et pour les membres, mais surtout, pour ces justiciables que nous représentons .

Le Conseil et nos associations, dont le Jeune Barreau de Québec,  travaillent de concert avec d’autres intervenants pour faire débloquer ce dossier.  Il s’agit d’un travail de longue haleine, mais comme le dit si bien le proverbe : «  Le bœuf est lent, mais la terre est patiente »