Chers membres du Barreau de Québec,

Je vous souhaite une excellente année 2021: santé, prospérité et une reprise rapide de nos contacts sociaux !

Depuis le début de la pandémie, notre pratique d’avocat a été profondément bouleversée. En effet, la vitesse à laquelle la justice a dû prendre un virage informatique afin de mieux cadrer avec la présente réalité est impossible à imaginer. Heureusement, en raison de l’ingéniosité, du dépassement constant et de la collaboration de tous les acteurs de la justice, celle-ci a pu rapidement et graduellement reprendre ses activités, évitant même de nouvelles restrictions à la suite du dernier confinement de janvier dernier.

La pandémie aurait pu mettre en veille le travail de beaucoup, mais a plutôt et surtout eu cet effet accélérateur de changement : tous ont pu apprendre en même temps, sans honte ni reproche. Dans tous les milieux de travail, les avocats ont fait preuve, au cours des derniers mois, d’une agilité extraordinaire. La formation est la clé de voûte et le Barreau de Québec consacre des efforts soutenus à ce niveau.

Maintenant, une fois l’usage des technologies mises en application dans le contexte de la COVID-19, et puisque les habitudes positives nées de la pandémie ne seront pas un intermède, mais de nouvelles réalités, il est maintenant nécessaire de réfléchir non seulement à la modernisation de la justice, mais aussi à sa transformation, notamment afin de propulser plus loin la pratique professionnelle de l’avocat.

Cela étant dit, la question centrale est la suivante : comment la technologie peut-elle rendre la justice meilleure?

En effet, à quoi sert de bénéficier de moyens technologiques si les justiciables plus démunis n’y ont pas accès? Il est donc primordial qu’une véritable réforme du Tarif de l’aide juridique soit mise en place rapidement et que les moyens technologiques soient pensés en fonction de tous.

Également, quels seront les bénéfices des technologies si les citoyens qui souhaitent régler leurs différends par la médiation, par exemple, empruntent encore les mêmes chemins traditionnels ?

Aussi, comment le gain d’efficacité permettant la rapidité et la simplification de certains actes dans notre pratique professionnelle peut-il bénéficier à long terme à la fois aux avocats et à leurs clients? 

Ainsi, pour répondre aux nouveaux enjeux et mettre en place des solutions viables et innovatrices, il faut garder en mémoire que la modernisation de la justice n’est pas une panacée. L’attitude des avocats et leur implication deviennent dès lors nécessaires pour maintenir l’agilité de la profession à s’adapter. Les valeurs de notre déontologie constitueront les meilleurs indicateurs afin d’opérer cette transformation.

Le Barreau de Québec, de son côté et afin de répondre à ce défi, s’implique très activement en collégialité avec tous les acteurs de la justice. À ce titre, le projet Lexius du Ministère de la Justice, en matière de modernisation de la justice, a vu ses objectifs accélérés par la pandémie. Plutôt qu’une implantation par étape et par domaine de droit, l’ensemble des tribunaux (Cour du Québec, Cour supérieure et Cour d’appel) seront bientôt sans papier.

Pour participer à ce virage majeur, le Barreau de Québec aura besoin de la collaboration de tous les avocats, non pas pour continuer d’appliquer la justice traditionnelle avec le soutien des technologies, mais plutôt de participer activement à la transformation de cette dernière de manière à ce qu’elle puisse répondre aux besoins de tous. De beaux défis en vue!

Je termine en vous invitant à communiquer en tout temps avec moi.

Caroline Gagnon, bâtonnière de Québec

418-681-0037